L’histoire d’Alice

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Cette entrée présente une entrevue avec Alice Kasem, au sein de notre série réfugiés, Quittez son foyer : Une série explorant La Crise Internationale des refugiés. La série blog à multiples parties présente des récits de ceux au cœur de l’action ainsi que les démarches d’organismes de bienfaisance et de canadiens à travers le pays.

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Alice Kasem était une étudiante ordinaire vivant en Syrie et étudiante en pharmaceutique alors que sa vie changea drastiquement quand la violence la poussa, elle et sa famille, hors de la Syrie et vers le Liban pendant que la guerre civile s’abat sur ce qu’elle appelait son chez-soi. Avec l’aide de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), un organisme de bienfaisance Canadien qui épaule les coûts de rétablissement de jeunes déplacés au Canada pour leur fournir éducation et opportunités, l’entrevue qui suit raconte l’histoire d’Alice : Sa vie en Syrie, son temps au Liban et son déplacement à mi-chemin à travers le monde jusqu’au Canada.

Canadon : Vous êtes originalement de la Syrie où vous étiez inscrite à l’université comme étudiante en pharmacie. Pouvez-vous nous en dire plus sur la vie en Syrie et votre quotidien?

Alice : Je suis de la Syrie, née et élevée là. Mon père est un ingénieur paysagiste et ma mère a un baccalauréat en littérature Arabique. J’ai un frère de 23 ans qui étudiait la dentisterie en Syrie et une sœur de 8 ans. Ma tante vit également avec nous et elle a un baccalauréat en graphisme. J’ai gradué l’école secondaire avec une moyenne de 95% et j’ai été à l’Université Internationale de la Science et de la Technologie pour étudier la pharmacie. La première année de mon éducation fut « sans guerre » mais vers la fin de la première année la guerre a débuté. J’ai fait ma deuxième année de pharmacie alors que la guerre était toujours dans ses débuts mais quand l’année a terminé, la guerre se faisait de pire en pire et la route vers l’université était dangereuse, j’ai donc dû prendre une année sabbatique, ce fut une décision très difficile pour moi car je suis une étudiante ardue. Mon université changea par la suite d’emplacement vers un endroit relativement plus sûr et j’ai eu la chance d’y retourner pour faire ma troisième année. Après, la guerre empira, même dans la ville, et ça aurait été dangereux d’y rester comme c’était le chaos partout. Il y avait des enlèvements, grenades, bombes ou des gens enlevés aux points de contrôle. Ce n’était pas du tout sécuritaire pour ma famille et moi, nous avons alors décidés quitter pour chercher une meilleure vie. Ma vie en Syrie était tout simplement parfaite comme j’avais tout ce dont je pouvais désirer : une grande famille aimante, beaucoup d’amis chers et ma petite famille qui, bien sûr, est tout à mes yeux.

Canadon : Après avoir quitté la Syrie à cause de la guerre civile, vous avez voyagé vers le Liban avec votre famille. Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre voyage et le temps passé là-bas?

Alice : Nous avons quitté la Syrie, espérant trouver un pays sûr et décent pour y vivre temporairement mais toutes les routes étaient closes juste parce que nous sommes Syriens. Notre but principal était de s’installer et de débuter une nouvelle vie. Nous sommes allés au Liban vers la fin de 2014 et je n’ai jamais eu la chance de faire quoique ce soit car ce n’était pas un foyer pour moi. Un endroit où tu es traité différemment et où tu n’as pas le droit de travailler ne peut pas devenir un foyer alors j’ai tenté d’appliquer pour des bourses d’études au Canada puisque c’était le premier choix de mon père et nous désirions y aller. Ma famille est toujours au Liban, c’est une blessure à mon cœur qui ne cessera jamais de faire mal. Notre dossier a été sélectionné dans les bureaux du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés pour un rétablissement et nous avons fait les entrevues en Mars 2015 et malgré que nous ayons recommandé le Canada comme premier choix et que le gouvernement ait pris 25 000 Syriens, ma famille n’a pas été sélectionnée.

Canadon : La vie au Liban était difficile pour toi et ta famille. Peux-tu nous en dire plus à ce sujet?

Alice : La vie pour les Syriens au Liban est difficile puisqu’ils n’ont jamais la chance de tourner la page, d’avoir une vie normale et de se sentir confortables puisqu’ils se sentent toujours comme des étrangers. Le Liban n’est pas tant différent que la Syrie, il y a beaucoup de gangs et d’enlèvements alors ce n’est pas sécuritaire.

Canadon : Pouvez-vous nous raconter de quelle façon vous êtes arrivée au Canada par l’entremise de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC)? Avez-vous appliqué et quel genre de support vous apportent-ils?

Alice : J’ai vu une entrée sur une page Facebook appelée « Jousour Syria » mentionnant des bourses d’études et de rétablissement au Canada par l’Entraide universitaire mondiale du Canada et j’ai appliqué en même temps que mon frère. Nous avons chacun reçus des courriels nous informant d’un test d’anglais à l’ambassade canadienne et quand nous nous y sommes rendus et avons complétés le test, mon frère n’a malheureusement pas été accepté comme c’est un programme très compétitif. J’ai été acceptée et dans l’étape suivante j’ai dû passer une entrevue et remplir des papiers à mon propos pour mes futures commandites. J’ai ensuite passé le test « IELTS » qui était la dernière étape.

L’Entraide universitaire mondiale du Canada a trouvé une place pour moi à l’Université de Toronto Mississauga et me commandite pour ma première année. Le processus était vraiment bien et plutôt rapide comme nous avons appliqués en août et sommes arrivés au Canada en Janvier. L’Entraide universitaire mondiale du Canada travaille fort et ces gens sont incroyablement aimables de m’avoir donné la chance de commencer une nouvelle vie, je leur dois tant pour cela. Je dois également beaucoup au syndicat étudiant à l’Université de Toronto Mississauga qui a pris soin de moi quand je suis arrivée. Pour certains, une opportunité comme celle-ci est normale ou quelque chose de simple à obtenir, mais en tant que Syrienne, obtenir la chance de venir ici au Canada et avoir la chance d’avancer est quelque chose d’extraordinaire. Certains meurent pour une opportunité pareille, ils n’obtiennent pas d’aide ou l’acceptation dont ils ont besoin. Je parle par expérience personnelle et par les expériences d’amis et de membres de ma famille qui se battent pour leurs vies et se battent si durement pour la chance que j’ai eu.

Canadon : Comment se déroule la vie au Canada jusqu’à maintenant?

Alice : Je ne peux toujours pas juger la vie ici comme je ne me sentirai pas calme tant que ma famille ne sera pas ici, en sécurité et heureuse. Tout ce que je peux dire est que le Canada est un endroit magnifique de nature chaleureuse doté de citoyens bons et de bonne compagnie. Je n’ai pas vécu beaucoup jusqu’à maintenant comme je suis arrivée tard et j’ai été beaucoup occupée à étudier. J’ai fait face à plusieurs obstacles ici mais le plus grand reste d’être sans ma famille. Ça pourrait ne pas sembler être un gros problème pour certains mais pour moi c’est insupportable comme nous sommes très proches, surtout moi et ma petite sœur, qui est très attachée à moi et qui est comme une pièce de mon cœur. Savoir qu’ils ne sont pas heureux et si désireux de venir ici me blesse davantage comme je me sens inutile et sans espoir même si j’ai tenté par tous les moyens de les faire venir ici.

Le deuxième grand obstacle est l’éducation. J’étais si proche de ma graduation à l’université mais puisque le Canada a un système différent, je n’ai pas eu la chance de poursuivre les études en pharmacie et je fais maintenant un programme en science. C’est si difficile et j’étais si proche de devenir une pharmacienne et j’ignore si je pourrai transformer ce rêve en réalité comme c’est un milieu extrêmement compétitif. La peur de ne pas poursuivre mes rêves et la tristesse de suivre des classes dans un domaine qui n’est pas le mien est épuisant pour mon esprit et mon âme. J’ai fait face à d’autres obstacles mais rien que je ne peux surmonter. Ils ne sont que des défis causés par une nouvelle vie et une nouvelle culture.

Alice est parvenue au Canada grâce à l’aide de par l’Entraide universitaire mondiale du Canada, pour en apprendre davantage à leur sujet, veuillez visiter leur page profil d’organisme de bienfaisance >>

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