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Ensemble pour reconstruire – Faire famille après la violence

Dénomination enregistrée : Réseau d'intervention auprès des personnes ayant subi la violence organisée (RIVO)

Numéro d'entreprise : 890980584RR0001

Ensemble pour reconstruire – Faire famille après la violence

Victimes de la guerre. Exilés de leur famille

Pour tant de personnes réfugiées, la violence organisée laisse des traces qui fracturent profondément la vie familiale. Que deviennent les liens quand la guerre, les disparitions, la fuite ou la perte les désorganisent ou les détruisent? Comment “faire famille” après tout cela? Une rencontre est-elle encore possible?

Une toute jeune adulte arrive au RIVO quelques semaines après avoir fui un mariage forcé, l’excision et de multiples violences. À 18 ans, elle dort peu, sursaute au moindre bruit, et porte encore la peur qui l’habite depuis l’enfance. Sa mère, elle aussi marquée par des années de maltraitance, tente de la soutenir tout en vivant l’absence douloureuse de deux enfants restés au pays. Entre elles, l’amour est immense, mais les liens sont fragiles, érodés par la survie et la séparation.
Dans une autre salle du RIVO, une fillette de 11 ans traduit pour sa mère, l’accompagne dans chaque démarche, la rassure lorsqu’elle s’effondre. Elle porte un rôle trop lourd pour son âge : celui de parent, de soutien, de médiatrice. Elle n’a jamais vraiment l’occasion d’être simplement une enfant.
Plus loin, une adolescente colombienne lutte contre une peur constante de la mort. Sa famille garde le silence sur les raisons de leur fuite, sur le deuil du grand-père décédé pendant l’exil. Ce non-dit, voulu pour protéger, devient pour elle une source d’anxiété qui paralyse son quotidien. Elle essaie de faire sens de ce silence protecteur qui devient source de souffrance.
Et il y a cette jeune femme congolaise qui arrive avec son nouveau-né. L’enfant est né d’un viol, et le lien mère-enfant est fragile dès le départ. Au RIVO, elle commence un accompagnement parent-enfant pour reconstruire le lien, pour retisser doucement une relation mise à mal par la violence subie. Pas à pas, la mère découvre qu’un attachement sécurisant est encore possible.

Au RIVO, nous accompagnons chaque jour des personnes pour qui la famille n’est plus un repère stable mais un espace blessé. L’exil étire les liens, la séparation creuse des absences, et les traumatismes brouillent les places de chacun. L’absent produit un trou dans l’ordre générationnel, rappel constant d’une filiation fragilisée. Les pertes non dites, les deuils suspendus et la dilution des traces deviennent autant de fardeaux qui se transmettent silencieusement.

Les séparations prolongées entraînent anxiété, troubles du comportement, peur, culpabilité, effondrement de la confiance, voire un sentiment d’abandon durable. Pour les parents, elles génèrent impuissance et repli. Pour les enfants, elles créent des peurs diffuses qui s’impriment au cœur de leur développement. 

Ce Mardi je donne : votre don fait toute la différence

À l’approche de la fin d’année, ce moment où la famille prend une place si particulière, nous sommes nombreux à souhaiter la même chose : que les personnes que nous aimons soient en sécurité, entourées et protégées.

Ici, nous avons l’habitude de prendre soin les uns des autres, d’aider nos voisins lorsque la vie devient trop lourde.

Ce Mardi je donne, nous vous invitons à étendre cette solidarité à celles et ceux qui tentent, parfois pour la toute première fois, de faire famille après la violence et l’exil.

Faire famille après la violence, ce n’est pas « recommencer comme avant ».
C’est retisser, lentement et avec soin, des fils abîmés.
C’est rétablir les frontières parentales, apaiser les deuils, nommer l’indicible.
C’est offrir aux enfants un espace où les cauchemars peuvent être compris et contenus.
C’est permettre aux mères de retrouver des forces, de rencontrer d’autres femmes.
C’est accompagner les hommes, les pères dans leurs propres blessures et dans la reconstruction de leur rôle familial.
C’est aussi soutenir celles et ceux qui arrivent seuls, sans repères, pour qu’ils puissent recréer autour d’eux un sentiment d’appartenance.
C’est restaurer des individualité et une mémoire qui ne soit plus uniquement douleur.

Grâce à vous, nous pouvons offrir :

  • un accès plus rapide à la psychothérapie spécialisée sur le trauma ;
  • des groupes de soutien adaptés aux personnes ayant survécu la violence et l’exil;
  • une prise en charge psychosociale adapté pour gérer la précarité ici;
  • un espace pour reconstruire les liens, un geste à la fois.

Les devenirs des liens familiaux, après un tel vécu traumatique, nécessitent à la fois un temps individuel et un temps collectif. Ensemble nous créons un lieu où les liens se retissent, où les histoires se déplient et où l’individu construit des modes de rencontre nouveaux.

Ensemble pour reconstruire – Faire famille après la violence