UNICEF CANADA

Dénomination enregistrée: CANADIAN UNICEF COMMITTEE - COMITE UNICEF CANADA

Numéro d'entreprise: 122680572RR0001

Les Enfants en Syrie : Une Crise en Cours

La campagne se termine 27 février 2022

La tragédie syrienne a laissé le pays et sa population sous le choc des massacres et de la destruction d’une guerre qui semble sans fin. La situation s’aggrave de jour en jour. Depuis le mois de décembre, l’escalade des combats dans le nord-ouest a fait fuir et mis en danger plus de 900 000 personnes, dont plus d’un demi-million d’enfants, ce qui constitue un impressionnant mouvement de masse en peu de temps.

C’est la sixième ou la septième fois que certaines personnes sont déplacées. Beaucoup ont fui vers Idlib, dans le nord-ouest, tandis que d’autres se sont dispersées à Afrin, A’zaz et Al-Bab, près d’Alep et de la frontière turque. Des dizaines de milliers de personnes vivent maintenant dans des tentes de fortune, des bâtiments publics et en plein air, blotties sous les arbres, exposées à la pluie, à la neige et au froid glacial d’un hiver syrien rigoureux.

Les frappes récentes sur ces camps de fortune à Idlib, et celles sur les enfants et le personnel enseignant tués horriblement le 25 février alors que dix écoles ont été attaquées, sont à la fois condamnables et pleinement révoltantes. Ces actes montrent clairement le cauchemar quotidien de ces populations. Nous avons entendu parlé et lu des rapports faisant état d’enfants morts de froid.

Dans ces installations non structurées, les enfants et les femmes sont particulièrement exposés au risque de violence et d’exploitation. Les toilettes de fortune n’offrent ni sécurité ni intimité. Des mines terrestres et des engins explosifs improvisés parsèment les environs. Chaque pas est un risque.

Dans le nord-ouest, 280 000 enfants ont été cruellement privés de leur éducation. Selon les estimations, 180 écoles sont hors service car elles ont été détruites et endommagées, ou elles servent d’abris. C’est un autre coup dur qui sape l’espoir des enfants pour un avenir meilleur. L’accès aux soins de santé est pratiquement inexistant ou financièrement hors de portée. Les hôpitaux continuent d’être pris pour cibles. Soixante-douze établissements de santé ont suspendu leurs services en raison des combats.

La situation dans le nord-ouest n’est cependant que la dernière incidence des ravages de la guerre. La guerre qui dure depuis neuf ans a décimé les services publics partout en Syrie. Plus de la moitié de tous les établissements de santé et trois écoles sur dix sont non opérationnels. Avec la destruction du capital matériel évalué à quelque 120 milliards de dollars et les pertes économiques d’un demi billion de dollars, l’économie est en chute libre. Au cours de la dernière année, la livre syrienne a perdu près de 50 pour cent de sa valeur. Cependant, il est clair que le véritable coût des dommages ne se mesure pas en perte d’infrastructures ou en désastre économique.

Il se mesure au niveau de la vie quotidienne de la population, en tenant compte des onze millions de personnes en Syrie qui ont toujours besoin d’une aide humanitaire d’urgence. Près de la moitié de ces personnes sont des enfants. Il se mesure aussi en tenant compte des 6,5 millions de personnes qui ont faim en raison de l’insécurité alimentaire. Le prix des denrées alimentaires de base a augmenté 20 fois depuis le début de la guerre, ce qui est désastreux pour un pays où 80 pour cent de la population vit déjà sous le seuil de la pauvreté. Pour suffire à leurs besoins essentiels, des familles sont obligées de vendre leurs biens ou d’envoyer leurs enfants travailler.

Les enfants ne reçoivent pas de vaccins, pas de traitements médicaux, et aucun autre service de santé essentiel en raison des coûts élevés ou des lacunes au niveau des services. Un enfant syrien sur trois est non scolarisé. Depuis le début de la guerre, 6,7 millions de personnes ont fui la Syrie, et 6,2 millions d’autres, et ce n’est pas fini, sont déplacées à l’intérieur même du pays. Près d’une décennie de guerre a contraint près de la moitié de la population du pays à fuir.

Des milliers de personnes, syriennes et étrangères, sont confinées dans des camps qui ne sont pas adaptés aux enfants. Des groupes armés ont recruté et utilisé des garçons pour combattre en première ligne. Des filles âgées d’à peine neuf ans ont été violées. Un enfant sur quatre risque de souffrir de troubles mentaux graves. L’extrême ampleur et la gravité de la crise ont décuplé les besoins humanitaires. L’UNICEF, nos organisations sœurs et nos partenaires font tout ce qu’ils peuvent.

L’année dernière, nous avons fait passer des tests de dépistage de la malnutrition à 1,8 million de mères et d’enfants. Plus de deux millions de personnes ont bénéficié de consultations médicales. En Syrie, plus de 7,4 millions de personnes ont reçu des services d’alimentation en eau et d’assainissement, y compris un accès amélioré à de l’eau, des trousses de produits et d’articles d’hygiène et des comprimés de purification de l’eau. Nous avons procuré un soutien psychosocial à près de 400 000 femmes et enfants pour les aider à gérer les traumatismes qu’ils ont subis. Nous avons permis à 1,8 million d’enfants de poursuivre leurs études. Nous avons procuré des vêtements d’hiver et des couvertures à plus de 37 000 enfants. Et nous avons vacciné près de 600 000 enfants âgés de moins d’un an.

Tout cela s’ajoute aux milliers d’enfants que nous avons aidés en Syrie au cours des neuf dernières années, et que nous continuons à aider. Les besoins sont toutefois énormes et dépassent rapidement nos ressources. Nous savons qu’il nous faut davantage de fonds et de ressources pour soutenir ces vies et donner à la société syrienne ne serait-ce que la possibilité d’avoir un avenir meilleur et plus paisible.

Investir dans les enfants syriens est le meilleur investissement que chacun d’entre nous peut faire. C’est un investissement dans l’avenir et pour la paix. Plus cette guerre dure, plus d’enfants mourront sous les yeux de la communauté internationale. Davantage d’enfants devront fuir et entreprendre de longs et périlleux voyages pour aller se mettre à l’abri. Davantage de pays voisins seront forcés d’accepter un plus grand nombre de réfugiés, alors qu’ils en ont déjà si généreusement accueillis tellement. Chaque mois qui passe la capacité de la Syrie et de la région à se relever de cette épreuve pour se reconstruire devient de plus en plus sans espoir.

Tant d’écoles bombardées, de communautés rasées, de corps brisés, de vies détruites, de familles déchirées, d’avenirs et d’espoirs volés, et pourtant les combats continuent impitoyablement.

L’année prochaine, ce sera le dixième anniversaire du conflit en Syrie, un anniversaire que nous ne souhaitons pas voir. Ce soir, des millions d’enfants syriens pleurent car ils ont faim et froid, ils souffrent et ont mal, et la peur, le chagrin et le désespoir ne les quittent pas. Ces enfants et leur famille sont confrontés à un hiver plus que rigoureux et leur avenir est incertain. Nous devons les aider.

- Exposé de madame Henrietta Fore, la directrice générale de l’UNICEF, présenté au Conseil de sécurité des Nations Unies à New York sur la situation des enfants en Syrie

S’il vous plaît, faites un don dès aujourd’hui. Le temps presse pour les enfants syriens.

1 année, 5 mois restants