Un contexte en mutation pour les dons caritatifs

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C’est pour répondre à un besoin que CanaDon a été créé par trois étudiants universitaires qui avaient l’esprit d’entreprise. Nous avons vu le jour alors que Google était à ses débuts, avant Facebook et Twitter, et nous faisions la promotion des dons en ligne bien avant qu’il soit normal pour vous de faire votre magasinage ou vos transactions bancaires sur votre cellulaire (ou même sur votre ordinateur). Les fondateurs savaient que le monde était en mutation. Le commerce faisait son apparition en ligne, pourquoi pas les dons?

Mais en ces 14 années écoulées depuis notre lancement, nous avons constaté des changements radicaux dans les besoins des organismes de bienfaisance et des donateurs. Voici quelques-unes seulement des tendances que nous observons maintenant et qui, nous le savons, se poursuivront dans l’avenir.

Les gens adoptent de nouveaux moyens pour faire des dons.

Ils sont loin d’être révolus les jours où la sollicitation pour des œuvres caritatives aboutit dans votre boîte postale, mais la technologie joue un grand rôle dans les moyens adoptés par les gens pour faire des dons. Selon un rapport récent*, les dons en général pour la période de trois mois se terminant en février 2014 ont augmenté de 2,7 p. cent, alors que pendant la même période les dons en ligne ont augmenté de 7,2 p. cent. Chez CanaDon, notre propre croissance est de l’ordre de 15 p. cent année après année.

Chez les donateurs et les organismes de bienfaisance, nous constatons une demande pour de meilleures options pour les dons et les collectes de fonds en ligne. Les gens font des dons sur leur téléphone et leur tablette, aussi les organismes de bienfaisance ont besoin de pages de dons optimisées pour les applications mobiles. Et comme pour toute chose, les dons sont devenus une activité sociale. Les collectes de fonds entre particuliers, ce qu’on appelle aussi le financement participatif, se font sur une très grande échelle en ce moment — et pas seulement pour les films d’Hollywood et les initiatives qui démarrent. On capitalise sur les réseaux élargis de médias sociaux des particuliers, de sorte que ceux-ci peuvent mettre en commun leurs efforts philanthropiques afin de soutenir le travail d’un organisme de bienfaisance grâce à des campagnes et à des activités spéciales de collecte de fonds.

La définition de la philanthropie est plus souple que jamais.

Nous constatons de plus en plus que, pour les donateurs, la philanthropie ne consiste pas seulement à donner du temps ou de l’argent. Un bon exemple est la tendance à l’achat éthique (qui remplace parfois les dons caritatifs) — ce qui peut se traduire par l’achat de produits issus du commerce équitable ou de sources éthiques, ou même par le choix de produits traditionnels fabriqués par des entreprises transmettant des messages convaincants sur leur responsabilité sociale. La ligne de démarcation se fait de moins en moins nette entre ce qui constitue un don et ce qui constitue un acte de consommation.

Les gens cherchent aussi à résoudre différemment de vieux problèmes.

Les plus jeunes générations, en particulier, veulent constater l’impact de leurs dons de charité. « L’innovation sociale » est une expression très à la mode que vous pourriez entendre de la part d’entreprises qui démarrent et d’organismes de bienfaisance. Essentiellement, cette expression est utilisée pour des organismes de bienfaisance, des particuliers ou des entreprises qui font quelque chose afin de solutionner d’une façon nouvelle ou novatrice un problème social particulier. Quelques exemples : utiliser les arts de façon créative pour permettre aux jeunes de comprendre leurs racines culturelles, ou utiliser la législation sur les droits de la personne de concert avec le travail communautaire pour que les autorités locales mettent en application les lois protégeant les filles contre les agressions sexuelles. Même si cette expression est relativement nouvelle, les organismes de bienfaisance ont toujours été des innovateurs sociaux.

« Entreprise sociale » est une autre expression nouvelle, désignant un organisme de bienfaisance ou une organisation qui ne se limite pas au travail social et qui fonctionne selon un modèle autosuffisant. Il existe beaucoup de nouvelles entreprises sociales et CanaDon est fier d’être un chef de file dans ce domaine, en tant qu’organisme de bienfaisance enregistré presque entièrement autofinancé.

Le financement social, y compris l’investissement d’impact, est un nouveau modèle de financement. Une forme d’investissement d’impact est un modèle hybride de philanthropie et de prêts traditionnels : le bailleur de fonds veut faire un investissement qui sera rentable financièrement et qui aura à la fois un impact social. Une autre forme d’investissement d’impact souvent pratiquée par les fondations caritatives consiste à fournir des prêts à des taux d’intérêt inférieurs au marché, ou même à zéro pour cent d’intérêt, avec principal objectif d’aider les organismes de bienfaisance à remplir leur mission caritative. Dans les deux cas, le financement social offre la possibilité aux organismes de bienfaisance disposant d’une source de revenus prévisibles de rembourser un prêt avec le temps, ce qui leur permet d’investir pour des immobilisations importantes ou de grands projets en profitant de taux abordables pour eux.

Le secteur caritatif évolue.

Au Canada, le secteur caritatif représente une partie importante de notre économie; il représente 7,8 p. cent de notre PIB et compte environ deux millions d’employés. La valeur de la contribution des bénévoles au secteur est estimée à plus de 14 milliards de dollars.

Alors qu’un grand nombre de dirigeants du secteur commencent à partir à la retraite, le besoin se fait croissant d’attirer de jeunes professionnels qualifiés au sein des organismes sans but lucratif. Les nouvelles tendances favorisées par la technologie et l’arrivée prochaine de nouveaux dirigeants (dont je prévois qu’ils auront des attentes différentes au sujet du rôle des organismes de bienfaisance) suscitent mon enthousiasme, moi qui prends part aujourd’hui au secteur caritatif que je contribue à façonner afin qu’il soit, demain, un secteur encore plus fort et plus dynamique.

*Données tirées du Blackbaud Index – Canada.

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