Quelle est votre « cause » — au-delà des dons

Publié le

Une confession : je suis fier d’être un professionnel de la collecte de fonds depuis près de 15 ans, mais je trouve moi-même difficile de prendre des décisions au sujet des dons de bienfaisance. Bien des gens font des dons parce qu’ils se sentent interpellés, mais ils sont nombreux à faire des dons parce qu’on le leur demande. Et on nous demande beaucoup. Nous recevons des demandes au bureau de la part de nos collègues, au téléphone durant le dîner, à l’église par l’entremise de nos pasteurs, dans la rue, à l’épicerie et même chez nous de la part de nos propres enfants. Pour ceux d’entre nous qui ne peuvent se permettre de donner des milliers de dollars chaque année, il est encore plus important de savoir que nos dons comptent et qu’ils obtiennent l’impact que nous désirons. Dans ma carrière, j’ai observé beaucoup de donateurs avertis. Voici quelques leçons que j’ai apprises d’eux pour faire en sorte que mes propres dons soient plus stratégiques :

 

Aller au fond des choses

Je crois que la démocratie n’est pas un sport de spectateurs et j’ai fait du bénévolat lors de toutes les élections auxquelles j’ai voté. Il n’est pas facile d’acquérir une vision non partisane, mais c’est essentiel si l’on veut soutenir la croissance dans une communauté locale.

 

Je consacrais chaque mois une heure de bénévolat à mon centre communautaire local et comme membre du C.A. par la suite. Cela m’a donné un accès incroyable aux organismes de bienfaisance locaux, tout en me donnant une excellente compréhension de tout le bien que ces organismes font avec un montant aussi peu élevé que 100 $.

 

Songez à faire du bénévolat pour les organisations qui peuvent fournir une vision; c’est un moyen d’acquérir des connaissances en vue de faire fructifier chaque dollar que vous donnez.

 

Élargir notre perspective

Lorsque j’étais jeune et pauvre, je voulais « aider » les sans-abri, aussi j’ai commencé à laver le plancher d’une banque alimentaire lorsque j’étais dans la vingtaine. Avec le temps, j’ai gravi les échelons pour servir la nourriture et ensuite diriger ce programme en tant que chef cuisiner et coordonnateur de 200 bénévoles. En parlant aux bénévoles et aux donateurs, j’ai découvert que bon nombre d’entre eux militaient dans la communauté ou exerçaient une charge publique afin de résoudre les problèmes de la rue : itinérance, logement et santé mentale. Ces leaders éclairés offraient 20 $ à mon programme pour répondre aux besoins immédiats, mais ils donnaient 200 $ aux organisations qui œuvraient en vue de trouver des solutions au problème. Ils faisaient du bénévolat pour montrer leur compassion.

 

Donner en fonction de votre expérience

En tant qu’étudiant d’une des plus grandes universités canadiennes, j’ai dû affronter d’énormes défis parce que j’avais de longs trajets à faire. J’ai connu les gens les plus importants pour moi (y compris mon épouse et bon nombre de mes vieux amis) dans des lieux de rencontre et des programmes de bénévolat. Plus tard, en travaillant à cette université, j’ai vu dépenser des millions de dollars pour des chaires universitaires et pour le développement intellectuel, mais c’est surtout mon expérience personnelle qui me motivait. C’est pourquoi je me suis tourné vers l’équipe de collecte de fonds pour demander comment mes maigres talents pouvaient lui être utiles. Avec mon épouse et mes amis, nous avons fini par créer à cette immense université un « fonds pour les navetteurs », et tous les dons (et legs) que nous recevons sont destinés à ce fonds.

 

N’hésitez pas à personnaliser vos dons afin de savoir si vous avez un impact sur les gens que vous désirez aider! N’ayez pas peur de vous adresser à d’anciens élèves ou aux bureaux de collecte de fonds pour poser des questions. Les magazines des anciens, les listes de diffusion de courriels, les médias sociaux sont les véhicules les plus faciles à utiliser pour effectuer votre recherche. Si vous voulez faire vos devoirs sur le plan financier, consultez l’Agence du revenu du Canada et Imagine Canada pour connaître les chiffres et les rapports de gouvernance. Et surtout, gardez le contact avec les organismes de bienfaisance.

 

Dans mon travail, j’ai rencontré beaucoup d’entrepreneurs qui se sont instruits eux-mêmes dans les bibliothèques publiques. Un propriétaire d’entreprise qui est très croyant m’a dit un jour qu’il faisait des dons aux bibliothèques parce qu’elles sont « l’église de l’intelligence », et qu’il voulait former un plus grand nombre d’entrepreneurs dans sa communauté. Il a donc commencé sa propre collection avec seulement quelques dollars par mois pendant plusieurs années. Avec l’aide de la chambre de commerce locale, cette collection constitue maintenant toute une aile de ressources! Des professionnels me disent souvent que la lecture des livres de Charles Bronfman sur la philanthropie et les affaires les a beaucoup aidés à concevoir leur propre plan de dons.

 

 

Plaisirs coupables

En raison de ma foi, c’est mon Église qui reçoit la plus grande portion de mes dons personnels. Il ne manquera jamais de gens qui ont besoin d’un soutien, d’un service ou de nourriture. Mais est-ce pour cela seulement que nous sommes sur terre?

 

Nous devons nous donner la permission de faire des contributions pour ce qui est une source de joie dans notre vie. Imaginez ma surprise lorsque j’ai découvert que ma station de radio préférée qui se spécialise dans le jazz est aussi, au Canada, le plus important promoteur de jazz et programme d’initiation au jazz! Plongez au cœur des passions de votre âme et songez à faire un don pour l’art, la poésie, l’éducation ou la musique. Si nous ne soutenons pas ces programmes, les générations futures n’y auront peut-être plus accès. En tant que professionnel de la collecte de fonds, je peux vous dire que lorsque je fais des recherches sur le financement de beaucoup de grandes institutions artistiques canadiennes, je constate toujours que l’offrande d’humbles dons constitue la principale base de soutien. Les fonds publics ne permettent que de payer les frais courants. Ils n’élèvent pas l’âme — on a bien plus besoin de personnes qui ont des rêves.

 

 

Comme professionnel aidant les Canadiens à faire des dons dans le cadre de la planification successorale, je rencontre bien des gens qui ont travaillé fort et épargné beaucoup tout au long de leur vie. Il leur faut du temps pour découvrir, grâce à l’introspection, leurs véritables passions dans le domaine caritatif. À la fin, ils expriment leur profonde satisfaction en sachant qu’ils donnent de façon plus intelligente, d’après leurs valeurs, et qu’ils aident d’autres gens comme eux à vivre une vie meilleure.

Share This Page


  Share your giving story!

Want to share your insights and be featured on the Giving Life Blog?

Laissez un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *