L’espoir renaît à la Sprott House

Pleins feux sur les œuvres caritatives : Ce billet a été écrit par Lindsay Sweeney-Hockin, agente principale du développement au YMCA of Greater Toronto, pour notre série mettant en vedette les œuvres caritatives.

Chaque nuit à Toronto, 2000 jeunes sont sans abri et 21 pour cent de ces jeunes s’identifient comme LGBTQ2S. C’est pour cette raison que la YMCA Sprott House a ouvert ses portes l’an dernier en tant que « maison d’un an » pour notre premier groupe de 25 jeunes participants LGBTQ2S. Nous voulions trouver un moyen de faire connaître leur expérience dans le respect de leur vie privée à l’intérieur de cette petite communauté. À cette fin, nous présentons l’histoire de Jaime dont la vie rappelle de nombreux témoignages personnels que nous ont confiés des jeunes de la Sprott House.

YMCA of Greater Toronto Sprott House

Voici l’histoire de Jaime

« Je n’étais pas en sécurité avec mes parents. Lorsque je leur ai dit que j’étais gai, ma mère n’était même plus capable de me regarder. Mon père m’a dit que c’était mon choix et que si je choisissais cette vie, je devais partir. Je ne suis pas parti tout de suite. Nous vivions dans un petit appartement, tout le monde était tendu et il fallait économiser le plus possible. Puis tous deux ont commencé à me faire subir de la violence, verbale et psychologique d’abord, puis physique. C’est alors que j’ai décidé de partir. Je ne savais pas où aller. Je voulais seulement une place à moi, où je ne me sentirais plus seul. J’ai commencé à dormir chez des amis, sur le sofa, mais certaines nuits je n’avais nulle part où aller.

Je n’avais rien : pas de pièce d’identité, d’adresse, de travail. Pour survivre, j’ai dû dormir dans un parc. J’allais dans des refuges pour les jeunes où l’on me donnait de la nourriture et un lit, mais si un autre résident n’aimait pas les gais, je savais que ce serait une nuit pénible.

Comme je ne pouvais m’intégrer nulle part, je me suis demandé si ce que m’avaient dit mes parents était vrai : que je méritais mon sort et que je ne serais jamais assez bon pour faire quelque chose.

«  Comme je ne pouvais m’intégrer nulle part, je me suis demandé si ce que m’avaient dit mes parents était vrai : que je méritais mon sort et que je ne serais jamais assez bon pour faire quelque chose.  »

Quand un travailleur de proximité m’a parlé de la Sprott House, les choses ont changé pour moi. Je me rappelle le premier jour, quand j’ai trouvé dans ma chambre un paquet contenant des jetons de transport en commun de la TTC (Toronto Transit Commission), de la nourriture et des draps (mes propres draps pour mon propre lit), dans un espace qui allait être mon chez-moi pendant un an. J’ai dormi toute la nuit. C’était la première fois depuis douze mois que je pouvais respirer à nouveau.

Après m’être établi à la Sprott House, mes priorités ont changé lentement. Je n’avais pas à me préoccuper des personnes qui m’entouraient et à me demander si elles savaient que j’étais gai, parce que tout le monde est accueilli et accepté ici. Je n’avais pas à me demander où j’allais obtenir mon prochain repas ni à quel endroit je pourrais prendre une douche. Je pouvais raconter aux autres ce qui m’était arrivé, en étant convaincu qu’ils s’intéressaient à moi.

Le personnel et les autres participants qui vivaient avec moi à la Sprott House croyaient en moi. Les raisons pour lesquelles nous sommes là sont dans une grande mesure semblables, mais aussi différentes. On m’a aidé à réaliser que je pouvais faire de petits changements pour progresser dans la vie. C’est à la Sprott House que je peux être moi-même et que je commence petit à petit à m’accepter. »

La Sprott House est une communauté de soutien

La YMCA Sprott House est une maison pour les jeunes LGBTQ2S sans-abri. Vingt-cinq participants y vivent ensemble et bénéficient d’une communauté accueillante où ils reçoivent un plein soutien pendant un maximum d’un an.

La Sprott House offre aux participants leur propre aire de vie, dont une chambre et une salle de bain, et aussi tellement plus, notamment des ateliers pour leur permettre d’acquérir les compétences nécessaires dans la vie courante, ainsi que des activités de loisirs. Certains participants reçoivent des services de counseling de la part du personnel ou d’intervenants de la collectivité pour divers problèmes de santé mentale ou de toxicomanie, des traumatismes, une aide à l’emploi ou des ressources éducatives.

Le message d’appartenance que nous lançons à la Sprott House suscite l’intérêt et l’appui de membres de la collectivité qui y retrouvent une expression du genre de ville dans laquelle nous désirons tous vivre.

«  La Sprott House vise à montrer aux jeunes en quoi consiste un milieu sécuritaire, aimant et sain. Au lieu de vivre dans la peur, nous pratiquons chaque jour nos valeurs de respect et de justice. Je crois que notre vrai succès sera mesuré lorsque nos participants réaliseront qu’ils ont créé en eux-mêmes cet espace sécuritaire. C’est ce qui nous motive chaque jour dans la ville et dans notre vie.  »
Kate Miller, directrice, YMCA Sprott House

YMCA of Greater Toronto Sprott House
Ben Pobjoy a récemment parcouru à pied 125 km de Toronto à Buffalo afin d’amasser plus de 27 000 $ pour la YMCA Sprott House grâce à CanaDon.

Le YMCA of Greater Toronto a à cœur de faire de nos communautés des milieux de vie sains pour les enfants, les adolescents et les jeunes adultes.

Pour en savoir davantage au sujet du YMCA of Greater Toronto, ou pour faire un don, visiter la page présentant le profil de cet organisme.

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